La marche
des pions
Passons maintenant au pion.
Comme le faisait remarquer le champion
français Philidor (1726-1793), « les pions sont l’âme des échecs ».
En
effet, en dépit de sa petite taille, le pion contribue pour beaucoup à
la richesse du jeu.
Le pion a un déplacement assez lent. Il ne peut se déplacer que d'une
seule case tout droit en direction du camp adverse, le long d'une
colonne.
Lorsque dans sa progression un pion rencontre un obstacle, une
pièce ou un autre pion, il ne peut plus avancer. On parle de pion «
bloqué » car, comme le veut l'adage, « les pions ne reculent pas ».
Le mouvement du pion comprend une règle complémentaire qui s'applique
lorsque ce dernier n'a pas quitté sa case initiale. Dans ce cas, le
pion n'est pas limité à un déplacement d'une case et peut
exceptionnellement avancer de deux cases en un coup. Cette règle,
pourtant multi-centenaire, est l'une des plus récentes des échecs
modernes. Son but est d'accélérer la phase d'ouverture pour permettre
de
rentrer plus rapidement dans le vif du sujet.
La règle de déplacement
du pion est maintenant complète... mais nous ne sommes pas encore au
bout de nos surprises. En effet, la règle de prise du pion diffère de
celle du déplacement. Ainsi, le pion effectue ses prises en avançant
d'une case en diagonale dès lors que ladite case est occupée par une
pièce ou un pion adverse.
Enfin, « est un bien
mauvais soldat celui qui ne veut pas devenir général ». Certains pions,
en dépit de leur lenteur, parviennent parfois à traverser tout
l'échiquier.
Un tel exploit mérite une récompense que l'on nomme «
règle de la promotion ». Tout pion qui parvient sur la dernière rangée
peut se transformer, indifféremment du matériel déjà échangé, en
n'importe quelle pièce à l'exception du Roi. Comme en début de partie
chaque camp dispose de huit pions, on peut alors se prendre à rêver
d'obtenir neuf dames sur l'échiquier en une seule partie !
La position de départ
La position de départ se construit à la façon d'un château fort.
Les Blancs ont leur armée déployée sur les deux premières rangées et
les Noirs sur les 7 et 8ème rangées.
Après s'être assuré que la case en
bas à droite pour chaque camp est blanche, on peut disposer les Tours à
chaque coin. On complète ensuite en plaçant les pièces entre les Tours.
Sur les cases centrales, on
retrouve le couple royal avec pour contrainte « la Dame sur la case de
sa couleur ». Les Fous entourent le Roi et la Dame, tandis que les
Cavaliers élisent domicile dans les
écuries, au côté des Tours. Enfin, il n'y a pas de château sans
muraille ; c'est les pions qui jouent ce rôle et ils viennent remplir
respectivement la seconde et la septième rangée pour les Blancs et pour
les Noirs.
Placement des
pièces sur l'échiquier, en début de partie
Nous en avons maintenant terminé avec le mouvement ainsi que
le placement traditionnel des pièces.