La
fin de partie
Vous savez désormais jouer aux échecs.
La lecture de ce qui suit ne
vous apprendra pas de « règle » supplémentaire mais vous aidera à mieux
appréhender les différents cas de fin de partie.
Comme on l'a dit en introduction, une partie d'échecs
s'arrête par la victoire d'un des deux camps ou lorsque les deux camps
se neutralisent par une partie nulle. Ce chapitre a pour but d'éclairer
le joueur débutant que vous êtes sur ces différents cas de figure.
Cas de gain
Le premier est
le fameux « échec et mat » qui scelle la victoire de celui
qui le réalise.
Deux
exemples de gain : le mat à l'étouffée et le mat du couloir
Dans les parties des tournois et des clubs, il
est cependant assez rare que la partie se poursuive jusqu'au « mat ».
Le plus souvent, le joueur qui se trouve dans une situation désespérée
préfère abandonner plutôt que de poursuivre un combat sans espoir. En
effet, il n'y a aucune honte à abandonner une partie perdue et certains
joueurs avancent même qu'il s'agit d'une preuve de respect envers
l'adversaire. Une boutade illustre d'ailleurs ce comportement : « Un
bon joueur se reconnaît à sa faculté à abandonner au bon moment! ».
Enfin, le dernier cas de victoire rencontré dans la pratique
moderne des échecs est la victoire « au temps ».
Dans les tournois,
pour éviter que les parties ne s'éternisent, chaque joueur se voit
allouer un temps qu'il utilise à sa guise pour disputer l'intégralité
de la partie. A chaque fois qu'il joue son coup, le joueur appuie sur
une pendule destinée à décompter le temps de réflexion des deux
joueurs. L'appui suspend le décompte pour le joueur qui vient de jouer
et actionne l'horloge de son adversaire.
La
durée moyenne d'une partie de compétition moderne est de l'ordre de 4
heures et il n'est pas rare qu'un joueur, incapable de répondre aux
problèmes posés par son adversaire, ne parvienne pas à finir la partie
dans le temps imparti. Ce type de victoire est comptabilisé de façon
identique aux victoires par « échec et mat » ou par abandon.
Poignée de
main au moment de l'abandon d'une partie : pendule utilisée en
compétion chronométrée
Cas de nulle
Les cas de nulle sont souvent déroutants pour un joueur novice.
Pourtant, chez les joueurs de compétition, il est admis que la nulle
est le résultat logique d'une partie sans erreur commise par les
protagonistes.
Le premier cas de nulle que l'on rencontre quand on débute est le « Pat
».
Ce type de position ressemble au « Mat » : l'adversaire n'a aucun
coup autorisé à sa disposition. Pourtant, la partie se solde par une
égalité...
En effet, il manque un élément important pour transformer un
« Pat » en « Mat » : le Roi du
joueur qui a le trait n'est pas en position d'échec. Dès lors, le
joueur immobilisé
n'a pas perdu, puisque son Roi est indemne, mais la partie ne peut pas
non plus se poursuivre, puisqu'aucun coup ne lui est permis. Il s'agit
donc
d'un match nul. Souvent frustrant pour le camp qui dispose de
l'avantage, ce type de mésaventure est un excellent moyen pour
apprendre à ne pas relâcher sa concentration trop tôt !
Un autre cas de nulle fréquent est une position où aucun des deux camps
ne disposent du matériel suffisant pour aboutir à l'échec et mat. Un
exemple
simple est une finale où seuls les deux rois restent en présence ;
comme les Rois ne peuvent être sur deux cases adjacentes, car il se
retrouveraient en échec en même temps qu'ils feraient échec, le statu
quo est le seul résultat possible. On parle de nulle par « matériel
insuffisant ».
La « nulle par répétition » est dans le même esprit. Chaque camp est
contraint de répéter les coups, par exemple pour éviter une défaite
immédiate. La partie pourrait alors continuer indéfiniment. Pour éviter
cela, lorsque la même position va se reproduire pour la troisième fois,
les règles de compétition prévoient que la partie est déclarée « nulle
» et les deux joueurs se quittent sur un score de parité.
L'échec
perpétuel dont on entend souvent parler dans les clubs est une
application directe de cette règle de « nulle par répétition ».
Exemples de
parties nulles : situation de pat, matériel insuffisant et échec
perpétuel
Enfin, un dernier cas de nulle, il arrive souvent que deux joueurs de
forces égales se retrouvent dans une situation où ils estiment qu'aucun
des deux ne dispose de ressources suffisantes pour l'emporter. Il
peuvent alors décidé d'un comme un accord d'interrompre une partie
devenue stérile.
On parle de « nulle par accord mutuel ».
Ce dernier
cas conclut l'apprentissage du savoir théorique nécessaire pour jouer
aux échecs. Il ne tient qu'à vous de mettre désormais tout cela en
pratique !
Si d'aventure, au cours de vos parties chez vous ou entre
amis, vous êtes confrontés à des difficultés ou que vous souhaitez
approfondir vos connaissances sur ce jeu fascinant, n'hésitez pas à
pousser la porte d'un club. Où que vous soyez, il y en a sûrement un
près de chez vous avec des joueurs qui se feront un plaisir de répondre
à toutes vos questions !